Expressions politiques
Mai 2026
Boris Ravignon – Maire de Charleville-Mézières
Respecter l’argent public
Nous savons tous que nos Ardennes ont, beaucoup plus que d’autres territoires, payé un lourd tribut à la crise liée au choc pétrolier (déjà…) des années 70. Avec à la clé des licenciements, des fermetures d’usines et le début d’une longue décrue démographique. Dès 2014 et l’arrivée de ma première équipe à la mairie, je me suis donc attaché à réduire de manière drastique le train de vie municipal, alors en décalage flagrant avec les difficultés vécues quotidiennement par des milliers d’Ardennais.
Et c’est ce que nous avons fait, dès le printemps 2014, en prenant des mesures concrètes, à commencer par la diminution par deux du « salaire » du maire et du nombre d’adjoints, ou encore la suppression immédiate des voitures avec chauffeur utilisées par mes prédécesseurs. Pour rappel, les économies ainsi réalisées dès cette année initiale de mandat ont permis de garantir aux contribuables carolomacériens la première baisse des taux de fiscalité locale depuis des décennies. Baisse qui, comme annoncé, a atteint 10 % à la fin de ce premier mandat.
Certains ont alors persiflé, je m’en souviens, sur le thème : « C’est de l’esbroufe, ça ne tiendra pas ! » Ils avaient tort. Douze années plus tard, nous sommes toujours aussi économes de l’argent public, donc de votre argent. Avec l’aide de nos partenaires, il nous a certes permis de réaliser de belles réussites qui ont donné une nouvelle impulsion à notre ville, mais le frein à main ne s’est pas desserré pour tout ce qui concerne les frais de représentations ou les indemnités touchées par les élus. Alors que dans de nombreuses communes, les nouvelles municipalités mises en place en mars ont immédiatement décidé d’augmenter les indemnités touchées par les élus, parfois en même temps que les taux locaux d’imposition, ce n’est pas le cas dans notre ville : les indemnités perçues par le maire de Charleville-Mézières et ses adjoints sont et demeureront bien en-dessous des montants autorisés. Et cette sobriété nous permet aujourd’hui de programmer pour les années qui viennent une nouvelle baisse des impôts locaux, qui atteindra 10 % à la fin du présent mandat.
Pour résumer, le respect de l’argent public constitue depuis 12 ans une règle intangible et à propos de laquelle je n’ai nullement l’intention de transiger, que ce soit aujourd’hui ou demain.
Irène PERRIN TOININ – Pour la liste « Ensemble : une autre ville »
Des enseignants en moins dans les écoles publiques pour la rentrée 2026 : une mobilisation municipale indispensable .
Lors de la commission départementale de l’éducation nationale (CDEN) qui s’est tenue en Préfecture le mois dernier, les syndicats enseignants ont eu la stupeur de prendre connaissance des suppressions de postes et de classes prévues dans les établissements scolaires des Ardennes. Pour Charleville-Mézières, il est prévu plusieurs suppressions de postes et classes dans des écoles de la Houillère notamment, placées en zone REP. Comment justifier de telles suppressions quand les besoins des élèves en accompagnement personnalisé sont si criants ? Les Ardennes connaissent un cumul de difficultés : manque de moyens et conditions de travail dégradés pour les équipes, manque de personnels spécialisés, classes avec des difficultés cumulées, pénurie d’AESH (Accompagnement des Élèves en Situation de Handicap).
L’argument démographique tient peu le route quand on voit les classes surchargées de 30 élèves en CM2 dans des écoles qui ont subi des suppressions de classes déjà l’année dernière (je pense notamment à l’école Flandre). Aux côtés des parents d’élèves mobilisés, le Maire et ses adjoints ont été bien absents. Ils auraient pourtant un rôle à jouer auprès de l’Éducation Nationale : dans d’autres communes en France , la présence, les courriers, les motions en conseil municipal, bref la mobilisation de la municipalité ont permis de faire revoir sa copie à l’État.
La suppression des classes ne vient que complexifier des situations déjà difficiles dans les classes, réduire les possibilités de projets des enseignants, l’accompagnement des enfants en difficulté et leur famille.
Élus de gauche au conseil municipal, nous sommes aux côtés des parents d’élèves et des enseignants mobilisés contre ces suppressions, qui portent préjudice en premier aux enfants en difficulté, et particulièrement aux enfants des milieux populaires, de nos quartiers.
Alors que nous allons dans les prochains mois subir l’inflation des prix des matériaux et de la vie, qu’une précarité énergétique menace les familles, la ville va devoir faire face également dans la tenue de son budget à cette augmentation des prix. La mobilisation de l’ensemble des parents, de la communauté éducative sera sans faille pour se battre pour maintenir des moyens de l’État à la hauteur sur son territoire : les élus de gauche seront toujours à leurs côtés.
Nous demandons donc au Maire d’intervenir pour exiger
le maintien de ces postes et classes dans les écoles de notre
ville. D’une part, ne pas accepter les suppressions de postes
prévues par l’État, d’autre part, porter un projet de qualité
pour nos enfants dans les temps dévolus à la commune : des
projets de constructions et rénovations pour nos bâtiments
scolaires, périscolaires et pour les cantines municipales, un temps
périscolaire de qualité avec un encadrement dans le respect du
dialogue social et une formation de haut niveau pour les agents,
des moyens donnés aux équipes éducatives pour mener leur projet.
Romain Petitfils et Amandine Palumbo pour la liste « Charleville-Mézières en Ordre »
Ardenne Métropole : au bout du compte, c’est toujours le contribuable qui paye !
À Charleville-Mézières, les habitants ont droit à une gestion
sérieuse, claire et responsable de l’argent public.
Cet argent n’appartient ni à une majorité, ni à une équipe, ni
à un maire : il appartient aux Carolomacériens. Il doit donc
servir d’abord les besoins réels du quotidien.
Dans son rapport publié le 26 novembre 2024, la Chambre
régionale des comptes Grand Est pointe des finances
communales dégradées, un autofinancement insuffisant,
une dette nettement supérieure à la moyenne, ainsi que des
progrès attendus en matière de fiabilité comptable, et de gestion
des ressources humaines.
Pourtant, plusieurs dossiers récents illustrent l’inverse.
Premier exemple : le projet de bassin nordique de
50 mètres. Ce nouvel équipement représenterait près de
8 millions d’euros d’investissement public, avec environ
800 000 euros de fonctionnement par an. La question
n’est pas d’être contre le sport. La question est de savoir si
c’est aujourd’hui la priorité absolue. Avec de elles sommes,
combien de voiries pourrait-on rénover ?
Combien d’écoles pourrait-on moderniser ? Combien
d’équipements de proximité pourrait-on remettre à niveau
dans les quartiers ?
Deuxième exemple : le dossier de la friche Deville. Selon les estimations avancées, ce projet représenterait près de 26,6 millions d’euros d’argent public, à travers un montage complexe associant commune, Ardenne Métropole, État, Région, EPF et autres opérateurs. Là encore, le fond du sujet est simple : qui paie quoi, combien, et avec quel retour concret pour les habitants ? Car derrière les montages complexes, les financements croisés et les effets d’annonce, au bout du compte, il y a toujours quelqu’un qui paye : le contribuable.
Troisième exemple : l’aménagement de 256 terrains de pétanque à la Warenne pour 500 000 euros. À l’heure où tant de besoins essentiels demeurent, chacun est en droit de s’interroger sur l’utilité réelle, la fréquence d’usage et le caractère prioritaire de cette dépense.
Quatrième exemple : le projet de future salle de spectacle, évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros. Personne n’est opposé par principe à l’ambition culturelle. Mais une municipalité responsable doit d’abord se demander si la ville a aujourd’hui les moyens de tels engagements, et si cette dépense correspond réellement aux priorités du moment.
Voilà le vrai débat : celui des priorités. Pendant que l’on engage des millions via la commune et Ardenne Métropole sur des projets lourds, les Carolomacériens voient des rues dégradées, des besoins dans les écoles, des attentes fortes en matière de sécurité, de propreté et de cadre de vie.
Le groupe Charleville-Mézières en ordre défend une ligne claire : investir oui, mais utilement; moderniser oui, mais sans fragiliser davantage les finances locales; agir oui, mais dans la transparence.
Charleville-Mézières mérite mieux que des projets « quoi qu’il en coûte ».