Votre navigateur n'est pas supporté sur ce site.Afin de profiter d'une navigation optimale, veuillez utiliser l'un des navigateurs suivants :
Expressions politiques

Expressions politiques

Février 2026

Boris Ravi­gnon – Maire de Char­le­ville-Mézières 

La tranquillité avant tout

À la mi-janvier, j’ai pris un arrêté muni­ci­pal impo­sant aux nouvelles épice­ries situées rues du Moulin et de Mantoue de cesser leurs acti­vi­tés chaque soir, de 22 heures jusqu’au lende­main 8 heures, cela du jeudi au samedi inclus.

Partout en France, les centres-villes voient fleu­rir des établis­se­ments de ce type, qui offi­cient en même temps et sur le même péri­mètre avec le même créneau affi­ché : celui du cita­din qui rentre tardi­ve­ment chez lui et s’aperçoit qu’il lui manque une boîte de hari­cots verts pour son repas du soir. Char­le­ville-Mézières n’y fait pas excep­tion puisqu’une bonne demi-douzaine de ces épice­ries ont vu le jour en quelques mois, toutes situées à proxi­mité immé­diate de la place Ducale.

Or force est de consta­ter que la tranquillité des Caro­lo­ma­cé­riens est régu­liè­re­ment remise en cause en raison des attrou­pe­ments nocturnes qui se forment aux abords de ces épice­ries qui concentrent les nuisances. Ces troubles régu­liers à l’ordre public se traduisent par des rixes, des dégra­da­tions, des tags, des station­ne­ments illi­cites, des nuisances sono­res… Et visi­ble­ment les tempé­ra­tures hiver­nales ne décou­ragent pas leurs parti­ci­pants : la dernière bagarre s’est produite fin décembre. Si vous avez dans vos connais­sances une personne habi­tant rue du Moulin, où se trouvent regrou­pés plusieurs de ces commerces, deman­dez-lui son ressen­ti…

Face à cette situa­tion inac­cep­table, j’ai tout d’abord inter­dit la vente nocturne d’al­cool par le biais d’un premier arrêté muni­ci­pal, rapi­de­ment relayé par un second arrêté de même nature, mais cette fois préfec­to­ral. Cette mesure n’étant visi­ble­ment pas suffi­sante pour régler le problème, je viens donc d’in­ter­dire l’ou­ver­ture de ces épice­ries la nuit, du jeudi soir au dimanche matin. Comme cela a été le cas à la Houillère l’été dernier, avec un « café asso­cia­tif » dont l’exis­tence remet­tait régu­liè­re­ment en cause la quié­tude du quar­tier, j’ai la ferme inten­tion d’uti­li­ser plei­ne­ment tous les moyens placés à ma dispo­si­tion, qu’ils soient poli­ciers, judi­ciaires ou admi­nis­tra­tifs, pour assu­rer 24 heures sur 24 la tranquillité de tous les Caro­lo­ma­cé­riens, où qu’ils habitent. Et il en sera ainsi tant que je serai maire de Char­le­ville-Mézières.



Anne Papier– Pour la liste « une ville pour tous »

Envi­ron­ne­ment et jeunesse, un avenir à dessi­ner plus clai­re­ment

Depuis près de dix ans, en tant que maire de Char­le­ville-Mézières et président d’Ar­denne Métro­pole, Boris Ravi­gnon a porté des projets sur le déve­lop­pe­ment urbain, l’at­trac­ti­vité cultu­relle ou la tran­si­tion éner­gé­tique. Si ces initia­tives montrent une volonté d’évo­lu­tion, le bilan concret en termes d’éco­lo­gie réelle et de pers­pec­tives pour la jeunesse reste mitigé et demande une réorien­ta­tion plus profonde.

Sur le plan éner­gé­tique, la ville s’est dotée d’équi­pe­ments ambi­tieux comme le réseau de chaleur ou la réno­va­tion du siège d’Ar­denne Métro­pole. La muni­ci­pa­lité a investi dans la végé­ta­li­sa­tion de cours d’école.

Cepen­dant, plusieurs enjeux essen­tiels restent insuf­fi­sam­ment trai­tés.

La tran­si­tion écolo­gique est trop tech­nique et pas assez sociale, ni pensée comme une démarche globale condi­tion­nant l’en­semble des choix muni­ci­paux. C’est une nouvelle manière d’abor­der la poli­tique qui doit être instau­rée. Si les équi­pe­ments publics deviennent plus verts, la trans­for­ma­tion n’a pas encore produit d’ef­fets signi­fi­ca­tifs sur le quoti­dien des Caro­lo­ma­cé­riens. On espère une réduc­tion notable de la pollu­tion des quar­tiers, des plans globaux contre les îlots de chaleur, ou la struc­tu­ra­tion d’une mobi­lité douce réel­le­ment effi­cace (pistes cyclables sûres, trans­ports gratuits ou forte­ment subven­tion­nés pour les jeunes). Trop souvent, les actions écolo­giques sont centrées sur des bâti­ments ou des projets ponc­tuels, sans stra­té­gie d’en­semble qui réponde aux urgences clima­tiques et sociales.

La poli­tique de nature en ville peine à produire des espaces publics réel­le­ment inclu­sifs, ombra­gés et biodi­ver­si­fiés, indis­pen­sables face aux épisodes de chaleur extrême que connaissent régu­liè­re­ment nos communes, et qui vont s’ag­gra­ver.

On s’in­ter­roge sur les choix budgé­taires : la muni­ci­pa­lité a récem­ment décidé de prolon­ger la durée de conser­va­tion des images de vidéo­pro­tec­tion de 15 à 30 jours, pour un coût de plus de 40 000 euros pour la ville, afin d’amé­lio­rer l’ef­fi­ca­cité des enquêtes poli­cières. Si la sécu­rité est évidem­ment une préoc­cu­pa­tion légi­time, ce choix budgé­taire donne l’im­pres­sion d’une prio­rité donnée au contrôle plutôt qu’à l’in­ves­tis­se­ment social, éduca­tif et envi­ron­ne­men­tal, qui auraient un impact plus struc­tu­rel sur la tranquillité publique.

La parti­ci­pa­tion jeunesse dans l’évo­lu­tion de la ville et sa co-construc­tion écolo­gique est insuf­fi­sante. Les jeunes Caro­lo­ma­cé­riens ne sont pas encore assez asso­ciés aux déci­sions qui façon­ne­ront leur avenir, alors que la jeunesse est la partie de la popu­la­tion qui subira le plus les consé­quences du dérè­gle­ment clima­tique et des trans­for­ma­tions écono­miques.

Lors de récentes concer­ta­tions régio­nales, les jeunes ont été invi­tés à imagi­ner leur terri­toire en 2041 autour des ques­tions clima­tiques, d’ac­cès aux loisirs et à l’em­ploi, ou encore de mobi­lité durable. Cette démarche néces­site un prolon­ge­ment concret incarné par la ville elle-même.

Il est urgent de construire une poli­tique globale de déve­lop­pe­ment de la nature en ville, d’or­ga­ni­ser des mobi­li­tés douces acces­sibles et sécu­ri­sées, une éduca­tion envi­ron­ne­men­tale active et d’im­pliquer les jeunes dans un projet écolo­gique complet pour la ville.



Chris­tophe Dumont pour la liste « écolo­giste et citoyenne »

La « vraie fausse » piéto­ni­sa­tion de la place Ducale

Le maire l’a confirmé lors du conseil muni­ci­pal de novembre : malgré les promesses répé­tées de notre édile, la place Ducale ne sera pas piéton­ni­sée, sinon épiso­dique­ment .

Comme nous l’écri­vions ici en avril, cette affaire de la piéto­ni­sa­tion de la Place Ducale est abra­ca­da­bran­tesque, jugez-en : sur le site de la ville le 1er septembre 2024 on lit : « depuis le 3 mai 2024, la place est passée dans sa seconde phase de piéto­ni­sa­tion, jusqu’au 13 octobre elle sera piétonne 7 jours sur 7 » puis « à partir du 12 novembre et jusqu’à la fin décembre, elle repren­dra un rythme semi-piéton, circu­la­tion auto­ri­sée de la rue du petit bois a la rue du Moulin ».

Puis, dans le caro­lo­mag de mars 2025 : « d’avril à fin mai, piéto­ni­sa­tion les week-ends du vendredi 18 heures au lundi 6 heures » avec, parfois « exten­sion au vendredi midi » puis « de juin à fin septembre piéto­ni­sa­tion 7 jours sur 7 » et enfin « d’oc­tobre à fin décembre piéto­ni­sa­tion suspen­due, sauf pendant le marché de Noël ».

Fina­le­ment la place Ducale n’a pas été piéton­ni­sée pendant ce marché de Noël , les piétons devaient pendant cette période riva­li­ser avec les auto­mo­biles, le terre-plein étant occupé, et que dire des handi­ca­pés en fauteuil pour qui la place deve­nait inac­ces­sible ! Sur la partie pseudo-piétonne de la rue du Petit Bois c’est pire : les piétons doivent tenter d’évi­ter les voitures et les vélos qui circulent dans les 2 sens, dans cet espace conçu pour être piéton, et beau­coup trop étroit pour consti­tuer une zone de rencontre !

On nous présente comme une « pour­suite de la dyna­mique de piéto­ni­sa­tion » une régres­sion des plages piétonnes de notre place emblé­ma­tique. On ne comprend rien, ni au projet, ni au calen­drier ; il est impos­sible d’ins­tal­ler des habi­tudes!

Pour­tant le résul­tat de toutes les études l’in­diquent, en parti­cu­lier celles de l’Agence De l’Éner­gie et de la Maîtrise de l’En­vi­ron­ne­ment (ADEME): la piéto­ni­sa­tion béné­fi­cie au commerce du centre-ville.

Il est inutile de singer les centres commer­ciaux péri­phé­riques, les clients préfé­re­ront toujours l’ori­gi­nal à la copie ; le centre-ville doit jouer une autre carte, celui de l’art de vivre, celui de l’apai­se­ment, celui de la piéto­ni­sa­tion !

Les clients l’in­diquent en masse : les freins au commerce en centre-ville sont dus à l’om­ni­pré­sence de la voiture.

Pour­tant la vieille doctrine du « no parking, no busi­ness » revient en force, au 20ème siècle un impor­tant commerçant caro­lo­ma­cé­rien défen­dait que la fin du station­ne­ment sur le terre-plein de la place ducale sonne­rait la fin du commerce carolo, on croi­rait nos élus reve­nus à profes­ser ces vieilles lunes ! Le maire, reniant ses promesses, a donc cédé au lobbying, pour­tant la multi­pli­ca­tion inquié­tante des vitrines vides, la crois­sance expo­nen­tielle ces temps-ci de la vacance commer­ciale au centre-ville, devrait l’in­ci­ter à plus d’au­dace et moins de renon­ce­ments face à la pres­sion.

Si ça n’était pas le cas, nous aurons bien­tôt un centre-ville sans commerce ou la prio­rité aux véhi­cules moto­ri­sés béné­fi­ciera surtout à la ribam­belle des camions de livrai­son ache­mi­nant des marchan­dises acquises sur inter­net !

A quand un réfé­ren­dum sur une réelle piéto­ni­sa­tion de notre place ?

Proposer une modification