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A la reconquête de la Meuse

Reconquérir la Meuse : tel est le but du vaste programme de rénovation des berges de notre fleuve, appelées à devenir des voies douces pour piétons et cyclistes. Le début des travaux est prévu dans un an.

 

 

Les Carolomacériens (voire même les Ardennais dans leur ensemble...) entretiennent des relations ambiguës avec leur fleuve... La Meuse, on en parle, mais surtout pour évoquer le souvenir des crues passées. On la traverse par habitude, presque par obligation, oubliant qu'elle a pourtant fait notre ville. On sait vaguement qu'elle se jette dans la mer du Nord après avoir pris sa source... quelque part plus au Sud (1). Bref, elle fait partie du paysage, sans plus.

Résultat tangible de cette étonnante indifférence, à peine entrecoupée par quelques périodes de sourde inquiétude durant laquelle on la jauge du regard après de fortes pluies, notre ville tourne le dos à son fleuve. Du Theux à Montcy, la Meuse a beau dévoiler ses courbures lascives sur une bonne quinzaine de kilomètres, étreindre Manchester et enlacer Charleville, rien n'y fait : elle ne génère aucune activité notable et à de rares portions près, ses berges sont délaissées depuis des lustres.

Pour piétons... et cyclistes

« Cette indifférence nous prive d'un atout formidable, regrette Boris Ravignon. De très nombreuses villes aimeraient être ainsi sillonnées par un cours d'eau de cette importance. Il est grand temps de nous réconcilier avec la Meuse ! » Et par la même occasion doter enfin Charleville-Mézières d'un réseau de voies cyclables digne de ce nom en empruntant pour cela les berges rénovées de notre fleuve.

Cela fait plus d'un an que les services municipaux travaillent à ce projet d'envergure, de nature à modifier en profondeur la perception que nous nous faisons de notre ville. Les problèmes à résoudre sont en effet nombreux : où passer, quelle rive privilégier, comment aménager cette voie douce, peut-on envisager lancer une ou plusieurs nouvelles passerelles ? Autant de questions... qui n'ont pas encore toutes trouvé réponse. Mais dans ses grandes lignes, le projet a bien avancé. Suffisamment en tout cas pour qu'Else Joseph, adjointe chargée entre autres des travaux et de l'urbanisme, nous en dévoile la primeur.

 

 

Rendez-vous en 2019

« On commence à voir assez clairement comment relier les différents quartiers et connecter cette nouvelle voie avec celles déjà existantes, explique-t-elle. Nous projetons d'aménager une dizaine de km, qui viendront compléter la voie verte déjà créée. » Les travaux, dont le lancement est programmé pour la fin de l'année prochaine, doivent débuter par la boucle du Mont Olympe (voir carte ci-dessus). « C'est la partie dont l'itinéraire prête le moins à discussion. Après avoir franchi la Meuse à hauteur du musée Rimbaud, on poursuivra vers le Sud par les Forges Saint-Charles et le quartier d'Arches, avant de dessiner une grande boucle tout autour de Saint-Julien et Manchester pour revenir vers Mézières et Le Theux. Mais là le parcours exact reste à définir en concertation avec les utilisateurs du fleuve, pêcheurs, associations sportives ou plaisanciers. Nous étudions aussi la possibilité de doter cet itinéraire de mobilier urbain style bancs, chaises longues ou tables, voire même par endroit de prévoir un système d'éclairage. »

Cet aménagement est étroitement lié à deux autres chantiers d'importance : d'une part le lifting complet dont doit bénéficier la place de l'Hôtel de ville de Mézières, avec la volonté affirmée d'ouvrir cette place vers le fleuve, et d'autre part le projet de création d'une passerelle desservant le parking Picasso. Cette nouvelle voie de circulation douce pourrait être livrée en 2019.

Redécouvrir les berges

La reconquête des berges de Meuse a déjà débuté ! En attendant l'ouverture des quelque 10 km de voie douce pour piétons et cyclistes prévue fin 2019, plusieurs initiatives prises récemment le prouvent. Exemples...

 

- 40 places gratuites au pied du Mont Olympe

Aménagé durant l'été, le dernier-né des parkings carolomacériens a été officiellement inauguré le jeudi 20 octobre. Placé au pied de la passerelle reliant le Mont Olympe à la ville, donc en bord de Meuse, il offre désormais 40 places gratuites proposées notamment aux visiteurs du musée Rimbaud, de plus en plus nombreux. « La rénovation de ce musée a coûté 5 millions d'euros, argumente Else Joseph. Mais il y avait un problème de stationnement pour y accéder. Là, pour 120 000 euros on résout ce problème avec un équipement parfaitement intégré au paysage. »

Ce nouveau parking, dont l'aménagement paysager demeure à finaliser, est en effet en grande partie engazonné. Réalisé en à peine 3 mois, il n'aura nécessité que la coupe de trois arbres, « dont un creux et un mort ». Il sera prochainement complété par deux bornes permettant la recharge des véhicules électriques.

 

- La grille de la porte de Bourgogne ouverte pour rejoindre le chemin de halage

Il y a les petits jardins que visitent les fans de Dutronc (le père...) et les petits passages que connaissent les habitants du quartier de la Citadelle. Ou plutôt connaissaient... Car celui qui permet, depuis la porte de Bourgogne, de rejoindre le chemin de halage du canal, en contrebas, était obstrué par une forte grille depuis des années, avant même que Dutronc (le fils cette fois...) n'entonne Comme un manouche sans guitare, c'est dire ! Avec le concours de l’association Ardenne patrimoine insertion, les services municipaux ont remis en état les marches et le sentier, mais aussi nettoyé les abords du bastion bâti à l'arrière des archives départementales. « Notre but est de remettre en valeur ce cheminement qui longe la Meuse et passe au pied du bastion, résume Else Jospeh. Il reste encore à travailler sur les espaces verts, mais ce n'est que la première étape d'un réaménagement plus important du secteur. »

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